vendredi, 12 avril 2019 09:38

L'attractivité des métiers de l'inspection en abattoirs - Edition mars 2019

Évaluer cet élément
(0 Votes)

2019 04 12 09 Attractivite des metiers de l inspection en abattoirsLe contrôle officiel de la qualité sanitaire des aliments commence à l'étable et se poursuit jusqu'à la remise au consommateur de la denrée alimentaire. Dans cette chaîne alimentaire, le rôle de l'abattoir est crucial. S'y côtoient animaux vivants, produits d'origine animale, sous-produits, déchets, d'une part, professionnels du transport, éleveurs, abatteurs et inspecteurs d'autre part.


C'est un lieu où peuvent se détecter des maladies encore asymptomatiques, des situations de détresse sociale, de fraudes, de mauvais traitements. La cohabitation quotidienne avec le responsable de l'abattoir et ses salariés, l'éloignement géographique avec le siège de la direction départementale donnent au travail du service vétérinaire d'inspection un contexte à la fois de nécessaire proximité avec l'inspecté et de relative distance par rapport à la hiérarchie. L'abattoir souffre aussi d'un certain désaveu social du fait que la production de viande propre à la consommation, blanche ou rouge, repose sur la mise à mort de l'animal. Le travail en abattoir est marqué par de nombreuses contraintes, sanitaires et économiques, réglementaires et relationnelles. Il se fait dans le froid, l'humidité, le bruit, dans une succession de tâches organisées par la chaîne, à une cadence le plus souvent soutenue et à des horaires variables, en fonction des approvisionnements et des besoins de l'entreprise. C'est un travail d'équipe, où le rôle de chacun est défini et dans lequel la solidarité est nécessaire à l'efficacité.


La noblesse du travail des services vétérinaires d'inspection reste mal connue. Le manque d'attractivité des postes en abattoir est attesté par le nombre de postes non pourvus à chaque cycle de mobilité. Cela rend complexe et chronophage l'organisation de l'inspection permanente et le travail des équipes en place en est alourdi. Plusieurs études ont été réalisées précédemment pour essayer de « révéler la complexité » du travail en abattoir, l'importance du management. Le Secrétariat général du ministère chargé de l'agriculture a engagé une réflexion prospective sur le corps des techniciens supérieurs du ministère, dont une part importante travaille en abattoir. Enfin, la Direction générale de l'alimentation a demandé fin 2015 à l'Observatoire des missions et des métiers une étude sur les mesures à mettre en œuvre pour renforcer l'attractivité des postes d'inspection en abattoir. Il s'agit de recenser les bonnes pratiques existantes ou d'en proposer de nouvelles pour prévenir l'isolement des équipes, diversifier les missions des agents concernés et permettre un parcours professionnel répondant à l'engagement et l'investissement des agents occupant ces postes.


Une nouvelle approche, plus appropriée à leur reconnaissance, permettra de renforcer l’attractivité des métiers et des postes en abattoir.


L'étude a porté sur les populations des services vétérinaires d'inspection, auxiliaires officiels (AO) et vétérinaires officiels (VO), en abattoirs de boucherie de tous types et en abattoirs de volailles soumis à une inspection permanente, en métropole et outre-mer. Elle s'est intéressée aux effectifs et aux relations entre le siège des directions départementales et les abattoirs qui en dépendent.


L'équipe-projet s'est attachée à donner à chaque AO et chaque VO la possibilité de s'exprimer en répondant à des enquêtes individuelles et anonymes. Elle a également adressé deux enquêtes aux directeurs responsables des agents de l’État en abattoirs, pour comprendre le regard du siège sur les abattoirs. Les grilles d'enquêtes ont été construites de telle sorte que, par quelques questions ouvertes, les agents puissent s'exprimer. Ces enquêtes ont été suivies d'entretiens individuels dans les services vétérinaires d'inspection, menées sur la base d'une grille d'entretiens conçue pour l'étude. L'équipe a dressé une typologie des abattoirs et, sur cette base, a établi une liste représentative d'abattoirs à visiter. L'objectif était de couvrir les différents types identifiés par les espèces abattues, le volume d'activité et la région géographique. Les entretiens se sont déroulés sous couvert d'anonymat, auprès d'au moins un AO et un VO par abattoir.


L'équipe a également rencontré différents bureaux de la Direction générale de l'alimentation :
bureau des établissements d'abattage et de découpe, bureau du pilotage du programme « sécurité et qualité sanitaires de l'alimentation » et un représentant du groupement des directeurs. Tous les syndicats représentatifs au ministère ont également été entendus séparément.


Cette étude s'inscrit dans un contexte sociétal difficile pour les agents travaillant dans les abattoirs.
Des scandales médiatiques mettent en exergue des atteintes au bien-être animal et des comportements qui ne reflètent pas la situation générale. Le développement de l'alimentation végétarienne s'accompagne de discours déstabilisants pour le monde de l'élevage. Les difficultés financières que rencontre le secteur de l'abattage en France compliquent ou ralentissent les travaux de modernisation demandés aux établissements. Le manque de réactivité de certains responsables d'abattoirs peut être source de démotivation. Mais le ministère garde des atouts précieux : l'engagement, le sens du service public, les valeurs portées par les agents des services vétérinaires d'inspection (SVI) sont des éléments puissants sur lesquels il peut s'appuyer pour accomplir sa mission régalienne.


Les centaines d'agents de tous niveaux qui ont accepté de répondre à l'équipe-projet ont rendu cette étude possible. Qu'ils en soient ici remerciés. Grâce à leur confiance, à leurs témoignages, à leurs analyses, elle devrait contribuer à une meilleure connaissance du travail fait dans les abattoirs et, par là, à une reconnaissance plus marquée pour les équipes en poste. Elle devrait concourir à la constitution d'une communauté de travail plus solidaire dans les services déconcentrés. Elle devrait aussi permettre que les services et le public portent un regard plus juste sur ces métiers et ceux qui les exercent.


Après une présentation du contexte général de l'inspection dans les abattoirs en France, nous exposerons les différentes étapes de l'étude. L'analyse des données recueillies débouchera sur des préconisations dont la mise en œuvre devrait répondre aux attentes fortes rencontrées, tant dans l'administration centrale que lors des déplacements sur le terrain.

 

Télécharger l'étude de l'OMM sur l'attractivité des métiers de l'inspection en abattoirs

Lu 115 fois

Laissez un avis ou posez une question

Avant de déposer un avis ou poser une question, merci de consulter la charte "Avis et Questions" en cliquant sur le menu en bas de cette page.